56 km Solo on the La Croche River | The Esquif Prospecteur Sport in the Real World

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56 km Solo on the La Croche River | The Esquif Prospecteur Sport in the Real World

(FR plus-bas)

This past June, between work travel and a move, I managed to steal away for a short solo canoe trip down the La Croche River in Mauricie, Québec. I've done a fair bit of solo tripping, but this 56 km, three-day canoe trip was by far my most ambitious solo adventure.

The La Croche River is well known for its lower reaches, with its sandy, meandering course punctuated by occasional rapids. What fewer people know is that farther upstream lies a rugged, boreal-feeling stretch, complete with a massive waterfall and some technical rapids. Much of the upper river has yet to be formally mapped.

The guide map for the river begins around km 91 from its mouth, and it was this logistically accessible upper section that I really wanted to experience. Fresh off a solo whitewater canoe course, I felt confident enough in my skills to explore this more remote stretch.

I left early in the morning, my Esquif Prospecteur Sport strapped to the roof of my car, heading north for my shuttle provider, Méandre, who has a great operation going.

Once I arrived in the La Tuque area, I had to jump on one last business call with my team before going off-grid. A laptop with a data connection (in a McDonald's parking lot) is a beautiful thing.

Once on the shuttle, I was glad I had booked it. My smaller crossover SUV would have struggled on some of the roads leading to the put-in, so riding in a truck was appreciated.

Before leaving, I received a yellow weather alert on my phone warning of potential thunderstorms. I tried not to think too much of it, but I definitely kept it in mind when it came time to choose a campsite.

Setting off, I loaded my favourite canoe from my fleet. I picked it up used in the spring—the original Esquif Prospecteur, now called the Prospecteur Sport following the introduction of the updated Prospecteur 16 (in 2018). To me, this boat paddles exactly how I want it to. It's carried me through everything from my solo whitewater course, to a heavily loaded five-day tandem trip with large lake paddling (though I would have appreciated my 17 footer for more freeboard when the waves picked-up).

Because I had launched later in the day, and with the skies showing all the tell-tale signs of an approaching thunderstorm, I decided not to push too many kilometres on day one.

I set up camp in a low-lying swamp among the alders. It was a terrible place to be for bugs in mid-June, but it was the best site I could find to minimize lightning risk.

The storms eventually arrived, bringing intermittent rain and distant thunder from 5:30 p.m. until about 11:00 p.m. Needless to say, my main meal that night was spicy ramen, eaten between showers.

The following day was the big push. I covered roughly 34 km downstream and had to draw on every solo wilderness skill I'd developed over the past years. The Prospecteur Sport, with its rockered ends, performed well in the rocky rapids while still tracking nicely on the flatwater sections.

Not every rapid, however, could be run.

Chutes Brûlé is the most impressive obstacle on this section of the La Croche and requires a combination of wading, lining, portaging, and rapid running to pass safely. Slow and steady, I made it past.

When solo tripping, staying well within your comfort zone is imperative. Patience is the key.

Night two was spent on one of the river's many sandy beaches. Unfortunately, the site came with a territorial beaver and some unfamiliar animal noises in the late evening and early morning. Needless to say, it wasn't my best night's sleep.

On day three, I completed the remaining downstream cruise before returning to my vehicle at Méandre.

I finished the trip feeling fortunate to have experienced another wilderness river in my home province, and grateful once again to witness raw creation—from the powerful storms of the first night to the quiet birdsong that welcomed the final morning.

I'll be back.

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56 km en solo sur la rivière Croche | Prospecteur Sport de Esquif en action


En juin dernier, entre un voyage de job et un déménagement, j’ai réussi à m’évader quelques jours pour une courte expédition de canot en solo sur la rivière Croche, en Mauricie. J’avais déjà fait plusieurs sorties en solo, mais cette descente de 56 km en trois jours était de loin mon aventure la plus ambitieuse sans partenaire.

La rivière Croche est surtout connue pour sa portion aval, avec son parcours sablonneux, sinueux et ponctué de quelques rapides. Ce que moins de gens savent, c’est qu’en amont se cache une section plus sauvage, aux allures boréales, avec une chute impressionnante et quelques rapides techniques. Une bonne partie de la rivière en amont n’a d’ailleurs toujours pas été cartographiée officiellement.

Le guide de rivière débute autour du kilomètre 91 à partir de l’embouchure, et c’était précisément cette portion amont, relativement accessible sur le plan logistique, que je voulais découvrir. Tout juste sorti d’un cours de canot solo en eau vive, je me sentais suffisamment en confiance pour aller explorer cette section un peu plus isolée.

Je suis parti tôt le matin, mon Prospecteur Sport de Esquif solidement attaché sur le toit de la voiture, en direction de mon service de navette, Méandre, qui offre un excellent service.

Une fois arrivé dans le secteur de La Tuque, il me restait un dernier appel de travail avec mon équipe avant de passer hors-réseau.

Un ordinateur portable avec une connexion internet (dans le stationnement d’un McDonald’s) est une belle chose!

Une fois installé dans la navette, j’étais bien content de l’avoir réservée. Mon petit VUS aurait eu beaucoup de difficulté sur certaines routes menant au point de mise à l’eau; le camion était franchement apprécié.

Avant le départ, j’ai reçu une alerte météo jaune sur mon téléphone annonçant un risque d’orages. J’ai essayé de ne pas trop y penser, mais je l’ai gardée en tête au moment de choisir mon emplacement de camping.

Je me suis ensuite mis à l’eau avec mon canot préféré de la flotte. Je l’ai trouvé usagé au printemps : le Prospecteur original d’Esquif, aujourd’hui renommé Prospecteur Sport depuis l’arrivée du Prospecteur 16 (revisité en 2018). Pour moi, ce canot se comporte exactement comme je le souhaite. Il m’a accompagné autant lors de mon cours de canot solo en eau vive que pendant une expédition duo de cinq jours lourdement chargée, avec grands lacs (même si, dans les grosses vagues, j’aurais apprécié le franc-bord supplémentaire de mon 17 pieds).

Comme j’avais quitté relativement tard dans la journée et que le ciel montrait tous les signes annonciateurs d’un orage, j’ai choisi de ne pas trop faire de kilomètres.

J’ai installé mon camp dans un petit marécage bordé d’aulnes.

C’était probablement l’un des pires endroits où se trouver pour les mouches à la mi-juin, mais c’était le meilleur site que j’avais trouvé pour réduire les risques liés aux éclairs.

Les orages ont fini par arriver, apportant une pluie intermittente et du tonnerre au loin entre 17 h 30 et environ 23 h. Inutile de dire que mon repas principal ce soir-là a été un ramen épicé, dégusté entre deux averses.

La deuxième journée représentait le gros morceau. J’ai parcouru environ 34 km et j’ai dû mettre à profit toutes les compétences en autonomie que j’avais développées au fil des dernières années. Le Prospecteur Sport, avec son giron, s’est montré très à l’aise dans les rapides rocheux tout en conservant une bonne tenue de ligne sur les sections calmes.

Tous les rapides ne pouvaient toutefois pas être descendus.

La Chute Brûlé constituent l’obstacle le plus impressionnant de cette section de la La Croche et exigent une combinaison de gué, de cordelle, de portage et de navigation en rapide. Lentement mais sûrement, j’ai réussi à la dépasser.

En expédition solo, il est essentiel de toujours rester largement à l’intérieur de sa zone de confort. La patience est la clé.

J’ai passé la deuxième nuit sur l’une des nombreuses plages sablonneuses de la rivière. Malheureusement, le site venait avec un castor territorial, et quelques bruits d’animaux inconnus en soirée et au petit matin. Inutile de dire que je n’ai pas très bien dormi.

Le troisième jour, il ne me restait plus qu’à compléter les derniers kilomètres avant de retrouver mon véhicule chez Méandre.

Je suis revenu de cette expédition reconnaissant d’avoir pu découvrir une autre rivière sauvage de ma province, et une fois de plus émerveillé d’avoir contemplé la création dans son état le plus brut — des puissants orages de la première nuit jusqu’au chant paisible des oiseaux qui a accueilli le dernier matin.

Je serai de retour un jour.


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