Benchmarking on the Kipawa River
(FR plus-bas)
I sat there sipping the cowboy coffee I had just made on the morning fire. Marianne and I were in the middle of a week-long canoe expedition. I enjoyed the fire as I scoped out the map for the day's paddling.

We had just begun the most technical section of our 143 km route. We were about to negotiate a section of the Kipawa River that, months ago while looking at maps, I had sought to avoid. We were camped on a spectacular piece of Canadian Shield bedrock overlooking the river. This section of river had lots of exposed Canadian Shield. This meant pool-and-drop style rapids — marked up to C3-4 on the map — with a couple of waterfalls thrown in for good measure.
We really only started taking paddling seriously last year. We rapidly realized these backcountry canoe trips were so much more than just "canoe camping."
On these adventures we found ourselves becoming stronger on all fronts; our bodies gained stamina, our senses sharpened, and our souls found healing and clarity. We also began to really value what these trips did for our relationship in terms of developing teamwork.
These trips allowed us to access a natural beauty that is hard to put into words.
And to experience the purest form of this natural beauty — in its raw, created state — we needed to develop a wide skill set, and to have the right gear. The more rugged the landscape, the more autonomous we felt we needed to be.
We stood at the brink of a section of river that would put all our skills to the test.

Starting to plan these bigger canoe trips kickstarted a path of learning, sharpening our skills, and making sure we had the right tools to keep us safe. We took basic first aid classes, revamped our medical kit, spent days catching eddies on local rivers, upgraded our whitewater gear, learned to make maps... and much more. And truthfully, we still have so much to learn!

That day on the Kipawa was a benchmarking moment for us. Were we prepared? In fact, we were only on the Kipawa because three weeks prior we had called off our initially planned trip to the James Bay area. A backcountry lightning incident earlier in the summer had rattled our confidence, and we had decided to stick closer to home.
That said, this section of the Kipawa was very technical and had limited access to outside help. One of our greatest assets was simply patience. In nature, patience is like a force multiplier to whatever skill set you bring to the table. Nature has a natural rhythm, and the expectation is to play on beat.
If you rush ahead, be prepared to deal with the potential consequences. Ask me how I know! On the flip side, when it's time to haul, get in gear!
Sitting in the boat above each rapid, we always felt a bit nervous.

We tried to be objective and tactful as we evaluated our next move. Could we scout from the boat? Did we need to get to shore and scout more thoroughly? Before a set, we had to assess the situation. Which tool from our new skill set would we deploy? Portaging? Lining? Wading? Eddy hopping? Maybe a combination?
Metre by metre, we made it down this remote and technical whitewater corridor with no incidents. The benchmarking was done, and we had passed the test. All those afternoons on low-consequence rivers learning the rhythm of water paid off.
On the Kipawa, we not only discovered a rugged landscape — we discovered a new version of ourselves. Stronger, steadier, and ready for whatever comes next. We remain grateful for the time we got to spend discovering this region and hope to return one day. For now, we can't wait for the next adventure!
P.S. - Watch our film 'Tales from the Kipawa." on YouTube!

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(FR) Ce que la Kipawa nous a appris
Je sirotais tranquillement le café cowboy que je venais de préparer sur le feu du matin. Marianne et moi étions au beau milieu d’une expédition de canot d’une semaine. Je profitais de la chaleur du feu tout en étudiant la carte afin de planifier la journée de pagaie qui nous attendait.

Nous venions tout juste d’entamer la section la plus technique de notre parcours de 143 km. Nous allions bientôt nous engager dans une portion de la rivière Kipawa que, quelques mois auparavant, en regardant les cartes, j’avais cherché à éviter.
Nous étions campés sur une magnifique dalle de Bouclier canadien surplombant la rivière. Cette section de la Kipawa traversait plusieurs zones de roche exposée, créant des rapides de type « bassin-chute » — identifiés jusqu’à C3-4 sur la carte — avec une couple de chutes en bonus.
Nous avons réellement commencé à prendre le canotage au sérieux seulement l’année dernière. Nous avons rapidement réalisé que ces expéditions en région éloignée étaient bien plus que du « canot-camping ».
Au fil de ces aventures, nous avons découvert que nous devenions plus forts sur tous les plans : nos corps gagnaient en endurance, nos sens s’affûtaient, et notre esprit retrouvait une forme de guérison et de clarté. Nous avons aussi commencé à reconnaître l’importance que ces voyages avaient dans notre relation, notamment pour développer notre capacité à travailler en équipe.
Ces expéditions nous permettent d’accéder à une beauté naturelle difficile à mettre en mots.

Et pour vivre cette beauté dans sa forme la plus pure — brute, intacte et façonnée par le territoire lui-même — il fallait développer un ensemble de compétences variées et posséder l’équipement adéquat. Plus le paysage devenait exigeant, plus nous ressentions le besoin d’être autonomes.
Nous nous trouvions maintenant au seuil d’une section de rivière qui allait mettre toutes nos compétences à l’épreuve.
La planification de ces expéditions plus ambitieuses a déclenché un véritable parcours d’apprentissage : perfectionner nos techniques et nous assurer d’avoir les bons outils pour rester en sécurité.
Nous avons suivi des formations de premiers soins, repensé notre trousse médicale, passé des journées entières à travailler les rappels d’eau et les contrecourants sur des rivières locales, amélioré notre équipement d’eau vive, appris à créer des cartes… et bien plus encore. Et honnêtement, nous avons encore énormément à apprendre.

Cette journée sur la Kipawa représentait un moment charnière pour nous. Étions-nous réellement prêts?
En réalité, nous étions seulement sur la Kipawa parce que trois semaines auparavant, nous avions décidé d’annuler notre expédition initialement prévue dans la région de la Baie-James. Un incident lié à la foudre en pleine nature plus tôt durant l’été avait ébranlé notre confiance, et nous avions choisi de rester plus près de la maison.
Cela dit, cette section de la Kipawa était très technique et offrait peu d’accès à de l’aide extérieure. L’un de nos plus grands atouts était simplement la patience.
En nature, la patience agit comme un multiplicateur. Le territoire possède son propre rythme, et notre rôle est d’apprendre à danser avec celui-ci.
Si on tente d’aller plus vite que la rivière, il faut être prêt à en assumer les conséquences. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. Mais à l’inverse, lorsqu’il faut avancer, il faut savoir se mettre en action.
Assis dans le canot au-dessus de chaque rapide, nous ressentions toujours une certaine nervosité.

Nous avons tenté de rester objectifs et méthodiques dans notre analyse de chaque passage. Pouvions-nous repérer le rapide depuis le canot? Devions-nous rejoindre la rive pour faire une reconnaissance plus approfondie? Avant chaque section, il fallait évaluer la situation.
Quelle technique allions-nous utiliser parmi celles que nous avions développées? Un portage? Une descente en cordelle? Une progression à gué? Des enchaînements de contrecourants? Peut-être une combinaison de plusieurs techniques?
Mètre après mètre, nous avons progressé à travers ce corridor d’eau vive isolé et technique, sans incident. Le test était terminé, et nous l’avions réussi.
Toutes ces après-midis passées sur des rivières moins engagées à apprendre le langage de l’eau avaient porté leurs fruits.
Sur la Kipawa, nous n’avons pas seulement découvert un territoire sauvage et exigeant — nous avons découvert une nouvelle version de nous-mêmes. Plus solides, plus confiants et prêts à affronter la suite.
Nous restons profondément reconnaissants pour le temps passé à explorer cette région, et nous espérons y retourner un jour.
Pour l’instant, nous avons simplement hâte à la prochaine aventure.
P.S. - Vissionez notre court métrage sur YouTube 'Tales From the Kipawa.'

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